Robert Wanstreet a fondé le mouvement country-line dance en France, et a créé notre association Les Amis du Far West en mars 1993. La première présidente de l’association, Maureen Jessop, a rencontré Robert dans l’école de langue où elle enseignait à Ivry-sur-Seine. C’est là que Robert donna ses premières classes devant les yeux ébahis de ses collègues. Tout a commencé là… Après la mort de Robert en 2010, Maureen a écrit une série d’articles pour raconter leurs débuts. Ces articles sont de vraies pépites pour qui veut en connaître un peu plus sur l’histoire de Robert, Maureen, et tous ceux qu’ils ont entraînés dans leur sillage.

Cliquez sur l’image pour lire les articles de Maureen Jessop parus dans Danse Floor en 2013

Robert Wanstreet DanseFloor

 

 

Quand la nouvelle du décès de Robert Wanstreet tomba en cette fin de Mars 2011, le choc fut ressenti dans toute la communauté mondiale de la Line Dance. Robert était un vrai pionnier dans le domaine, un homme qui faisait la différence parmi des milliers de danseurs, et particulièrement en France, où il est à l’origine de tout. Voici un hommage écrit par Maureen Jessop à cet homme extraordinaire.

Imaginez un rêveur dansant seul au milieu d’une piste de danse vide.
Peu à peu, d’autres personnes se joignent à lui, essayant de copier ses mouvements. Comme le sol se remplit toujours de plus en plus, les danseurs apparaissent avec différents niveaux de prouesse, le rêveur continue à danser au milieu d’eux, comme le moyeu d’une roue.
Le danseur au centre est Robert Wanstreet.

Né dans l’Utah, Robert était originaire de l’Ouest Américain. Déjà tout jeune garçon, ses grands parents l’on souvent amené au Square Dance local. L’évolution des chorégraphies exécutées sur les instructions de l’Appelant, le tourbillon des danseurs l’enchantait. À la maison, il était bercé par la musique country que ses parents écoutaient.

Lorsqu’il eut 12 ans, la famille déménagea de l’ultra conservateur Utah à la libre Californie et une nouvelle phase de sa vie commença. C’était l’époque des hippies, de la paix et de l’amour, et la Californie en était le coeur. Il découvrit le piano à 15 ans et s’inscrivit au conservatoire local où il joua principalement de la musique classique. Trois ans plus tard, il fut nommé musicien de l’année et, lors de la remise de son diplôme d’études secondaires, il joua Schubert devant un auditoire qui lui lui fit une ovation en l’acclamant debout.

Le système américain d’études secondaires donna également à Robert l’opportunité de se développer dans les arts de la scène, et notamment en jouant des comédies musicales avec la troupe de théâtre de son lycée.

En pensant à son avenir, son aptitude indéniable était dans l’enseignement. En plus de la musique, il tomba littéralement amoureux de la langue française, et il s’inscrivit à l’université pour l’étudier afin de devenir professeur de français. Pour compléter ses études, il passa un an en France à Aix-en-Provence, en 1983.

Pour ce jeune Américain, la province française était très différente de la Californie ou de l’Utah. Il fut tellement séduit par le style de vie de la « Vieille Europe » qu’il décida d’y retourner vivre une fois son diplôme obtenu.
Il ne se doutait pas que son retour en Californie allait s’avérer être un tournant décisif dans sa vie, car alors il se découvrit une nouvelle passion : la danse Country Western !

Fidèle à sa parole, Robert revint en France en 1987 et s’installa à Paris afin de terminer ses études de Français à la Sorbonne. Il aimait la vie dans la capitale, mais il y avait juste une chose qui manquait – La danse Country Western !

Ce n’est que trois ans plus tard que Robert eut la possibilité de donner forme à son rêve. Lors d’une fête de fin d’année à l’école de langue où je travaillais, il rassembla un groupe de danseurs et fit une démonstration de danse en ligne. Nous n’avions jamais vu cette forme de danse et nous lui avons alors demandé de nous l’enseigner. C’est ainsi que la danse Country Western vit le jour en France.

En 1992, Disney ouvrit son célèbre parc à thème près de Paris avec le Disney Village, où l’une des attractions était le bar Saloon Billy Bob’s. C’est là que nous, les premiers élèves de Robert, avons fait nos premiers pas trébuchant sur la piste de danse minuscule.
Robert avait été engagé pour faire l’animation du bar en dansant avec le personnel et en devenant le DJ officiel du Billy Bob’s.

C’est là que, quelques années plus tard, notre nouveau club Les Amis du Far West (ADFW) tiendrait son premier festival international avec le premier record du plus grand nombre de danseurs en ligne inscrit au livre Guinness des records ! C’est là que de plus en plus de personnes furent enseignées à la danse Country Western, et que la légende du danseur solitaire prit forme.

Être un Américain authentique a grandement contribué à la renommée de Robert. Il était juste lui même, c’est à dire, un simple danseur social, ce qui l’a conduit à devenir un formateur d’enseignants NTA et, finalement, à la demande de toute la France, il fut nommé directeur NTA pour l’Europe du Sud. Grâce à sa formation musicale et son souci du détail, il fut également un très bon chorégraphe. Son sens de l’humour et le contact avec le public en firent un excellent maître de cérémonie, et sa personnalité charismatique, un leader naturel.

En tant que danseur, il fut également compétiteur et juge international. En 1999, il créa le festival international «City Of Light» qu’il dirigea pendant quatre années.

Jusqu’à la fin de sa vie, sa principale préoccupation fut de transmettre son amour de la danse.
Il parcourut la France entière pour donner des workshops et former des professeurs. Il fut étonné de voir combien étaient issus des premiers jours parisiens.

Beaucoup de gens lui rendent hommage pour tout ce que Robert leur a apporté en changeant leur vie, comme instructeur à leur tour ou comme compétiteur, avec de nombreux titres mondiaux, ou en tant que simples danseurs sociaux qui ont découvert la passion de leur vie grâce à lui. Beaucoup lui doivent d’avoir découvert leurs talents de danseur, de formateur, ou encore d’organisateur dans leur propre association ou club.

Il était un homme aux multiples talents, un étudiant doué, avec son look de jeune premier, il aurait pu être une star de cinéma ou un chanteur, mais il était surtout – un enseignant né !

La danse Country en couple ou en ligne a changé la vie de milliers de personnes en France, et c’est l’héritage que Robert Bradley Wanstreet nous a laissé. A nous de ne pas l’oublier, et de perpétuer sa mémoire.

Texte : Maureen Jessop
Traduction : Yannick André & Francois Muraire

Photos : tous droits réservés

Le site de Robert : http://www.robert-wanstreet.com/